Depuis que je pratique l’aïkido, j’observe cet écosystème dans lequel je baigne maintenant pour comprendre son fonctionnement. Après quelques années d’observation et surtout depuis la création d’Aikido Millennials, je commence à m’exprimer en mon nom propre. Les réactions que suscitent mes articles m’ont rapidement fait comprendre où étaient les racines de la sclérose que connaît l’aïkido depuis une dizaine d’années. Et ces racines trouvent leur fondement chez les aikidokas eux-mêmes, qui pour une partie ne souhaite pas voir la discipline évoluer. C’est donc sans filtre que je vous propose un article dans lequel je vais pointer les principaux freins liés à la baisse de l’attractivité de l’aïkido d’années en années. La nuance sera apportée par mon ami Pierre Fissier, créateur du blog Aiki-Kohai.

1 – L’imaginaire du guerrier, élément essentiel pour redorer le blason de l’aïkido

Il y a quelques semaines, j’ai écrit un article dans lequel j’expliquais comment l’aïkido pourrait se servir de la crise pour entamer un tournant dans sa pratique. Dans cet article, j’ai lancé une boutade sur le physique bedonnant de certains aikidokas qui était contradictoire avec l’imaginaire martial que véhicule le budo japonais. 

Cette boutade a pris des dimensions dramatiques car j’ai involontairement blessé des aikidokas qui se sont sentis visés par mes propos. Ne cherchant pas à heurter la sensibilité de tout un chacun, je me suis platement excusée. 

Mais voici le fond de ma pensée : pour pratiquer un art martial, je pense qu’il faut être en bonne condition physique pour tenir l’endurance que la pratique peut impliquer. 

Au-delà de la condition physique, il faut également accepter de voir les choses en face : pour rendre l’aïkido attractif, il faut savoir le vendre. Et qui dit art martial nippon, dit univers du samouraï.

Bien sûr, nul besoin d’être un bodybuilder pour pratiquer l’aïkido. En revanche, je pense que la martialité passe par un corps entraîné et une silhouette (plus ou moins) affûtée.

Alors que faire pour attirer des personnes qui ne se reconnaîtraient pas dans cet imaginaire martial ? 

Il y a d’autres portes d’entrée, certes. Et l’aïkido a vocation d’accueillir tout le monde. Mais, choisir l’aïkido, c’est choisir un budo et par conséquent se préparer corps et esprit au combat.

C’est donc grâce à une bonne pédagogie que l’on pourra permettre à tous de bâtir un chemin et une silhouette dans cette discipline martiale.

Le point de vue d’Aiki-Kohai : 

Sur ce sujet, deux visions de l’Aïkido s’affrontent sans réellement se confronter depuis des décennies puisque nous n’avons pas de milieu compétitif. Celui d’un imaginaire Aïkido occidental et son universalisme, son multiculturalisme, et sa vision d’une pratique martiale bienveillante, inclusive et respectueuse de l’intégrité du partenaire. Et puis, il y a la réalité historique des arts martiaux Japonais et du monde martial contemporain en général assez cruel où l’environnement est parfois impitoyable, où la tradition rigoriste qui fascine les occidentaux est magnifiée, où les apparences sont parfois trompeuses mais où elle compte concrètement pour la réputation d’un maître, d’un élève, d’une discipline. 

Je pense que nous ne devons pas nous mentir sans pour autant trahir. L’Aïkido peut être pratiqué par toutes et tous, quel que soit nos gabarits dans un cadre strictement hors compétitif toutefois il est important de confronter nos valeurs à l’apparence, à notre condition physique, aux clichés et aux attentes superficielles du grand public.

Christian Tissier et Léo Tamaki font rêver nos pratiquants et futurs pratiquants parce qu’ils incarnent la discipline dans leur technique, leur esprit mais aussi dans leurs corps. C’est un fait qui peut déplaire mais c’est un fait.

2 – Croiser les disciplines, une nécessité pour la pérennité de l’aïkido

Cours enfant au club de Pantin – Aikido et boxe

L’aïkido est certes un art martial, mais dont les principes peuvent être appliqués dans notre vie personnelle mais également dans une sphère professionnelle. 

C’est ce qu’à montré un article publié la semaine dernière chez Welcome to the jungle, un média de référence de l’évolution des nouveaux modes de travail.

Dans cet article, l’auteur expliquait comment les principes de l’aïkido pouvaient servir une communication non violente au sein d’une entreprise pour apaiser les relations interpersonnelles.

Lorsque j’ai partagé l’article auprès de mon réseau d’aikidokas, les réactions ne se sont pas faites attendre : on a très rapidement trouvé cette comparaison absurde, tirée par les cheveux et ne servant pas l’image de l’aïkido. 

Pour une fois qu’un média de renom parle d’aïkido et de son application, c’est bien triste de lui jeter la pierre. 

Bien sûr que l’article n’allait pas parler de O’Sensei, et conter l’histoire de l’aïkido. Ce n’est absolument pas l’objectif d’un article visant des cadres et dirigeants non initiés à la pratique de l’aïkido. 

Au contraire, j’ai vu cet article comme une opportunité d’amener l’aïkido à un milieu qui ne le connaît pas encore, par le biais d’un angle professionnel. 

Et pour aller plus loin, je dirais que c’est dommage que l’aïkido ne cherche que rarement à créer des passerelles avec d’autres disciplines pour le rendre plus visible et adapter son discours à un nouveau public. 

Étant parallèlement entrepreneure, j’utilise cette stratégie pour me faire connaître, en surfant sur une audience plus grosse que la mienne. Concrètement, je publie des articles dans des médias dont le lectorat ne me connaît pas encore pour me faire connaître. Je vais également interviewer des personnalités plus influentes que moi pour qu’ils parlent de moi auprès de leur grosse communauté.

Et ce sont ces mêmes principes que j’applique à Aikido Millennials en proposant des interviews à des aikidokas de renom comme Léo Tamaki ou encore Hélène Doué avec qui j’ai co-écrit un article à mes débuts, et qui m’a permis d’asseoir ma légitimité. 

J’ai également publié chez Aiki Kohai, le blog de mon ami Pierre Fissier, dont la visibilité est plus forte que celle d’Aïkido Millennials.

Au bout du compte, j’arrive à captiver l’attention de 2000 visiteurs uniques par mois, en l’espace de deux mois d’existence.

Mixer les audiences mais également les disciplines permettrait à l’aïkido de développer sa visibilité et toucher de nouveaux publics. Mais encore faut-il être ouvert à cette stratégie.

Ce que pense Aiki-Kohai : 

Il est vital que l’Aïkido sorte des tatamis de l’Aïkido pour aller pratiquer aux cotés des karatékas, du Kendo, du Judo, des lutteurs, des pratiquants de MMA, de Jujutsu Brésilien, du systema, de la Boxe Thaï, de l’Aunkaï, du Hino Budo, du Daito Ryu, du Viet Vo Dao etc…

Léo Tamaki et Florent Betorangal – Aikido VS MMA

Les élèves directs du fondateur de l’Aïkido se confrontaient directement à tous les pratiquants, dans n’importe quelle discipline et c’est ainsi que nous avons pu développer l’âge d’or de l’Aïkido en France et en Europe.

L’entre soi est en train de tuer l’Aïkido a un point où nous sommes parfois en train de croire que nos attaques sont redoutables, que nous sommes armés face à une attaque au couteau, que nos capacités sont du registre du martial alors qu’elles sont du registre du kata. Et rappelons que la nature même du kata est de retirer tout danger d’une technique martiale.

Si nous ne développons pas des stratégies communes avec le monde martial, nous serons toujours perçus comme incapables. Une sorte d’élite médisante en phase terminale.

3 – Une fustigation des aikidokas qui osent sortir des cases

Léo Tamaki en hakama blanc suscite beaucoup de critiques…et d’admiration

Dans le petit milieu de l’aïkido, on aime la hiérarchie pyramidale et le petit nouveau qui s’exprime devra faire ses preuves pour se faire entendre.

C’est pourtant bien dommage, car ces querelles d’égo nous font perdre énormément de temps, surtout dans une période aussi périlleuse que celle que nous connaissons avec les restrictions sanitaires. 

Une bonne idée est une bonne idée, peu importe qui est son auteur. 

En tant que pratiquante débutante, j’ai voulu proposer une vision alternative de la communication et de la pédagogie de l’aïkido. Cependant, donner un coup de pied dans la fourmilière n’est pas souvent bien vu de tous. 

Mais le débat ne tourne pas uniquement autour de ma personne. 

Prenons des exemples plus parlants : Christian Tissier, Léo Tamaki, ou même O‘Sensei étaient fortement contestés à leurs débuts. Leur forte personnalité et leurs actions pour révolutionner l’aïkido n’ont pas toujours été perçues d’un bon oeil. 

Et pourtant aujourd’hui, c’est bien Léo Tamaki et Christian Tissier qui sont les noms les plus connus de la sphère de l’aïkido (et même en dehors). 

Comment sont-ils devenus visibles ? En faisant connaître l’aïkido en dehors de son cercle d’aikidoka, en s’internationalisant, en touchant de nouveaux publics et en proposant une approche originale de l’aïkido et de sa communication. 

De martyr à maître, ces fortes personnalités sortent des cases, et finissent par changer les regards accusateurs en regard admirateur sur leur personnes. 

Mais surtout, l’aikidoka doit maintenant cesser de renier toute initiative innovante sous prétexte que l’action sort des sentiers battus. Si l’aïkido est un art martial moderne, il doit accueillir les nouvelles idées avec bienveillance et cesser d’opposer un « non » de principe. 

Bien sûr, ce dernier propos est légèrement caricatural, et tous les aikidokas ne sont pas fermés au changement. C’est le cas de personnalités ouvertes comme Hélène Doué, Arthur Frattini, mais également Alma Noubel qui prennent des initiatives pour développer la visibilité de l’aïkido, chacun à leur manière, et auprès d’un public particulier. 

Alma Noubel attire une communauté LGBT en affichant l’appartenance de son club à la Fédération sportive des Gays et Lesbiennes.

Alma Noubel et son équipe au Forum des Associations de la FSGL

Hélène Doué propose des stages thématiques et caritatifs pour faire connaître l’aïkido auprès d’un milieu associatif.

Arthur Frattini propose de mixer aïkido et boxe/sabre laser pour attirer un public de jeunes.

Arthur Frattini m’a d’ailleurs offert la possibilité de faire connaître mon expertise en communication auprès d’un public d’aikidokas pour les aider à développer la visibilité de leur club. Un acte de confiance que j’ai beaucoup apprécié. 

La composition de son équipe de ligue est d’ailleurs très diverse et comprend des aikidokas jeunes et moins jeunes, gradés et non gradés, femmes et hommes, tous enclins à porter une vision novatrice de l’aïkido. 

Pour recruter de nouveaux adhérents, soyons ouverts :  laissons la parole à des experts d’autres disciplines et autres budos pour leur permettre de communiquer avec leur mots sur ce que leur apporte l’aikido. Soyons innovants et soyons subversifs si c’est cela est nécessaire ! Sortons des cases, et n’attendons pas une nouvelle décennie pour que l’aïkido change.

Le regard d’Aiki-Kohai : 

Le clou qui dépasse se fait toujours marteler dit l’adage Japonais. En France l’Aïkido est devenu le premier importateur de cette maxime à ses pratiquants. S’il est dans la nature humaine de critiquer, d’humilier, de vouloir dominer autrui et d’introduire des rapports de domination ou encore des relations toxiques, nous devrions pourtant être les premiers à dépasser nos instincts primaires par le simple fait que nous pratiquons l’Aïkido.

Ironiquement, c’est presque parfois pire que dans le milieu du travail ou dans le civil. Les rapports pyramidaux et oppressifs sont si présents dans les structures de nos disciplines qu’il va souvent rester deux choix aux élèves : s’autocensurer pour évoluer dans la hiérarchie ou bien s’affirmer et s’ostraciser.

Je souhaite que pour l’avenir la parole se libère, que les Aïkidokas comprennent que nos fondateurs étaient jeunes, sortaient du cadre, se sont vu confier d’importantes responsabilités alors même qu’ils étaient encore débutants non pas parce qu’ils poursuivaient une sorte de soumission aveugle mais justement parce qu’ils refusaient la forme imposée à eux.

L’avenir de l’Aïkido passe par le fait de sortir des sentiers battus, d’aller au-delà des aspirations personnelles (et pas uniquement en apparence) et de quitter les postures de soumission volontaires que nous avons. Créons nos structures. Voyageons. Rencontrons. Partons défier le monde martial sur son terrain. 

Conclusion 

L’aïkido est aujourd’hui dans une situation de sclérose qui ne pourra évoluer qu’en changeant notre rapport à la hiérarchie, en arrêtant d’émettre des remarques de forme qui empêchent l’innovation de fond, et en étant plus humbles. Humble d’accueillir de nouvelles idées et perspectives, même si ces dernières peuvent sembler incongrues ou encore fragiles. Prenons du recul sur notre discipline, avec un regard plus neutre, moins d’égo et acceptons l’aide qui peut nous être proposée. 2020 nous a montré qu’il y a urgence à changer et à s’adapter. 

 

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7 thoughts on “Les aikidokas, premiers responsables de la sclérose de l’aïkido”

  1. En 1992 j’ai a présenter mon Nidan au près du Tamura Sensei. Il a me demander si je veux faire un brevet de État. Après avoir répondu négatif, il a me conseiller de continuer sans examens. Presque 30 ans plus tard avec un travail interompu je trouve il est pour moi un bonne solution.

  2. Tout à fait d’accord avec cet article!
    Jeune pratiquant d’aïkidô (je suis proche des cinquante années de pratique, mais je me sens comme étant un éternel débutant), et en charge d’un dôjô éloigné des “gros” centres depuis quelques années, j’ai depuis longtemps partagé mes tatamis avec des partenaires pratiquant la boxe, la self défence, le karate, le judô, je nin jutsu, … et m’en porte plutôt assez bien (mes élèves aussi). Mais les “hauts cadres” fédéraux (quelque soit leur origine) sont initiateurs, à mon sens, de ce lent déclin: les anciens n’ont pas voulu préparer la relève et restent sur leurs positions de “ceux-qui-sont-avant-nous”.
    Le problème de l’état physique est inérent à l’âge, même si on tente de faire attention à notre tour de taille. Le temps fait son oeuvre, et nous sommes contraints d’adapter notre pratique au fil des années. A nous d’accepter ce fait et de nous remettre sans cesse en question, sinon que donnons-nous aux nouveaux pratiquants?
    Concernant l’aïkidô dans la vie professionnelle, l’aïkidô “verbal”, j’ai eu le plaisir de le pratiquer avec bonheur: moins de stress, moins d’affrontements. J’en parle quelques fois sur le tatami, peut-être pas assez souvent.
    Merci pour vos articles.

  3. Bonjour,
    Je vous félicite pour cet article et vos prises de positions.
    Depuis 2 ans nous avons ouvert un Dojo d’Aïkido-Budo, nous avons croisés nos disciplines et avons incorporé les frappes du WingChun . (Nous sommes affiliés à Mutokukaï France)
    Nos entrainements comportent une grande partie de travail physique et de frappe sur bouclier pieds et poings, ainsi qu’a chaque fin de séance un Vrai travail libre intense. Nous travaillons également le tembo, le Bo et le Jo
    Un constat, les Sempais sont au rendez-vous, le Dojo est dynamique et ouvert à tous et toutes, de toutes disciplines et Horizons, la progression est bonne et cela n’entache en rien la tradition de l’Aikido, ni sa philosophie.
    Au plaisir et bonne pratique

  4. Article très intéressant. On ne parle pas des guerres de fédérations (et tant mieux d’ailleurs car il faudrait rajouter quelques tomes à l’article!) mais ça complexifie bien-entendu l’ensemble.

    Petite remarque cependant, il existe (en dehors de la FF3A et la FFBA) une palanquée de pratiques alternatives, Léo Tamaki notamment avec le Kinshinkai, mais plein d’autres encores avec certaines revendiquant ou ne revendiquant pas une quelconque vérité venue du fondateur, à ses débuts ou ses dernières heures…

    Bref un joyeux bordel pour être peu poli, qui aurait sans doute besoin d’être expliqué aux pratiquants et sans toujours ostraciser les choses. Mais au final où chacun peut trouver “son” type d’aïkido. La voie officielle, la voie dite originelle, la voie évolutive etc.

    Après quelle que soit son école, oui c’est inimaginable (mais malheureusement réel) de ne pas se confronter aux autres sports et arts martiaux! A minima par curiosité, et au mieux pour se remettre en question et contextualiser ce qui est fait et pourquoi.

    Et pour revenir au débat de l’hygiène physique, désolé mais certains doivent se remettre en question. Je vois souvent trop peut d’attention portée dans le cours à l’échauffement et au cardio de façon générale. On peut être un brilliant technicien sans physique, mais à un certain moment on se limite et on limite sûrement Uke dans la pratique.

    Certains ne voit que par la technique, la technicité a tout prix et quitte à bloquer la dynamique d’une saisie, d’une interaction. C’est très dommage et souvent ces personnes, très gradés bien-entendu, le font par connaissance de cause car elles ne peuvent (plus) ou ne veulent pas se donner physiquement parlant. C’est au final très égoïste et ça ne participe finalement pas à l’évolution des moins gradés

    Et sur ce dernier point l’aïkido du sensei Shirakawa Ryuji, l’école Shinburenseijuku est réellement formidable. J’ai eu la chance de le voir en stage et j’invite tout le monde à voir ses vidéos sur sa chaîne YouTube. Très différent de ce que propose Léo Tamaki mais au final très complémentaire et très instructif and la dynamique de placement et de transferts d’énergies

  5. Les fédérations sont aussi et surtout un facteur de sclérose. Quand des senseis se font taper sur les doigts par de vieux monsieurs de la ffab pour avoir osé réaliser des intercours avec la f3a, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans le fruit. Je précise que je viens de la ffab et que j’ai les deux licences… 🤪

  6. Salut, je suis tomber sur ton article en me perdant sur FB.
    Comme toi je suis attristé par la chute de pratiquants d’aïkido. Pour donné mon avis en bref,

    – Il est toujours bon de rappelé aux pratiquants que nous travaillons des techniques de sabreur et que ça reste une forme de self défense mi-distance. pour avoir pratiqué du kravmaga et de la self à l’armée, on bosse sincèrement la même chose sauf qu’en aiki les principes sont transmis de manière bien plus subtil.
    – Les ballons 6 ou 7 ème dan avec les joues bien rougeaudes ont pour la plupart développer un hara puissant mais ils font pas rêver grand monde. Je suis encore jamais tombé sur un maitre de karaté avec le syndrome du boulanger.
    – LGBT, ce mouvement est ultra politisé !! la suite c’est quoi ? aiki et black lives matters together, aiki et shoah même combat… Si y’a besoin de ça pour que des gens veulent apprendre un art martial, ils n’ont qu’à aller faire du football.
    – Quand on fait des arts martiaux on étudie les armes, c’est péremptoire. Le niveau global dans notre discipline est en chute libre mais aux armes c’est vraiment la catastrophe. Si on pousse le raisonnement, ils faudrait même s’inscrire dans un club de tir.
    – L’aikido c’est irimi et atemi, mais dans la pratique ça s’arrête à irimi. C’est clair qu’ il faut pousser les gens à s’ouvrir aux autres disciplines, la gestion du couteau en kali, la self reptilienne de frank roppers, avoir des bases de jujitsu, les nombreux styles pied poing… J’vois trop de ceinture noir qui sont zéro en percussion. Le monde est d’une grande richesse, les écoles d’ arts martiaux dévoilent leurs disciplines lors de démonstrations, se serait dommage de ne pas être curieux.
    -Ça fait toujours du bien à l’égo de se prendre un gant de boxe dans la face. On a l’impression que l’aiki c’est facile parce que les démos sont fait avec des supers Uke, j’aimerai voir plus de hauts gradés avoir l’humilité de se mettre en difficulté.
    – Un grand merci à léo tamaki pour sa vidéo avec greg MMA, il a fait beaucoup de bien à notre discipline. Il est vraiment excellent et aussi très à l’aise avec les réseaux sociaux, c’est pour ça que vous ne connaissez que lui.
    – Les fédérations sont en effet très pyramidales, ça se donne des grades entres copains, des stages toujours donné par les même, les ptits voyages qu’ils se font avec les sous des adhérents, pis la com est sérieusement à revoir… ya pas de soucis qu’ils soit rémunérés pour tout le taf administratifs qu’ils font mais sinon place aux jeunes.

    C’est décousu et un peu de colère, mais bon, ça n’est rien d’autres que des pensées qui termineront dans les méandres du net.

  7. Quel titre !… associer sclérose et aikido dans la même phrase, quel euphémisme !
    Et pourtant oui, l’aïkido agonise lentement..
    Les raisons sont multiples, le pratiquant sincère (souvent, celui qui a un regard de débutant.. où qui le reste même après des années de tatami), n’est certainement pas à l’origine du déclin !
    Mais la pratique de l’aïkido est vaste, doit on la réduire ?
    De quoi parle t’on ?
    Un art martial, une philosophie, un héritage culturel, un art de paix ? Un moyen de communication….
    L’aïkido est un iceberg, il y a ce que tout le monde pense voir, l’essentiel est bien plus cossu et invisible à nos yeux..
    C’est certain, peu de sensei sont aptes à accompagner le débutant sur un chemin aussi peu balisé, l’élève lui-même, ne sait pas encore ni la longueur ni les difficultés qu’il trouvera en chemin, jusqu’où son intérêt et sa motivation le pousseront à cheminer..
    Nous héritons d’un système culturel de développement personnel à travers une pratique martiale certes, mais pour moi, l’aïkido est un art tout court.
    Le niveau de certains experts, n’est pas à remettre en cause, leurs intentions et leurs pédagogies sont plus discutable..
    Les institutions sont grandement responsables de cette stagnation et sclérose, pourtant elles ont aussi permis à la pratique de se répandre, de se structurer.
    Mais on ne peut réduire un enseignement traditionnel à une mise en boîte, les fédérations et les passages de grades, ont dénaturé et complexifié ce qui traditionnellement était beaucoup plus naturel et reconnaissant du parcours de chacun.
    Les guerres d’égo, la compétition invisible de nos sempaï pour légitimer leurs comportements ont étouffé le bébé avant sa maturité… c’est bien dommage, chacun revendique dans cette perdition, son bout de vérité,.
    Peu ont atteints un stade supérieur qui les dépouillent de toute ambition personnelle.
    Je peux me permettre ce commentaire, j’ai 35ans de pratique intense, j’ai joué le jeux des institutions, côtoyé la cours des grands, j’ai été plusieurs fois sacrifié à l’échafaud fédéral mon caractère n’étant pas standard…
    J’ai construit un dojo de mes mains, suivi aussi durant 30ans Endo Sensei, voyagé au pays du soleil levant, invité de nombreux experts dans mon dojo…
    Pourtant effectivement, le nombre de pratiquant chute inexorablement…
    Et quand il n’y aura plus d’élèves, il n’y aura plus de sensei, plus d’aïkido, mais sur il en ressortira quelque chose !
    En tout cas le plaisir de la pratique, de la rencontre est source de joie et pas de sclérose..
    Bien à vous tous

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