Satomi Ishikawa, 6e dan Aikikai a tenu un stage la semaine dernière à la Réunion. Enseignante et technicienne, Satomi assure également des responsabilités au sein de l’IAF et de la Fédération Européenne d’Aïkido. Voici donc un retour d’expérience personnelle d’une semaine de stage avec Satomi, synthétisée en 5 apprentissages.

 

1/ Ce n’est pas la taille qui compte 

Satomi Ishikawa et Patrick Sakhr

 

Satomi est un petit gabarit (1m50) : l’identification est ainsi plus facile car je mesure moi-même 1m55. 

 

Par conséquent, lorsqu’on voit travailler Satomi avec de plus grands gabarits, on se dit que si elle parvient sans force, à mobiliser des partenaires plus costauds, grâce à un travail de placement, de précision du geste et d’engagement du corps, on peut y arriver aussi. 

 

Personnellement, quand je vois pratiquer Satomi, je me dis que je n’ai pas d’excuse pour y arriver. Certes, son expertise n’est pas à négliger, mais sa pratique est très inspirante pour beaucoup de femmes ! 

 

2/ Back to basics : les Kihons d’abord

Satomi Ishikawa et Jacques Mussard

 

Satomi a principalement proposé un travail autour des Kihons waza (techniques de bases) sur des attaques et saisies « simples » mais avec une grande valeur ajoutée : la précision technique. 

 

Ce que j’ai trouvé intéressant dans son choix technique, c’est qu’on a beau connaître son répertoire, ce n’est jamais suffisant : on a toujours quelque chose à travailler dans ce qu’on pense déjà maîtriser. Et c’est une vraie leçon d’humilité !

 

En effet, l’objectif du stage n’était pas de reproduire des formes que l’on connaissait, mais de prendre conscience de nos propres axes d’amélioration notamment en matière de cohérence : suis-je en train de réaliser des gestes par simple automatisme ? Suis-je assez vigilant(e) ? Mon partenaire est-il concerné par ce que je fais ?

 

3/ La martialité au cœur de l’enseignement 

Satomi Ishikawa et Jean-Michel Hong

Nous pratiquons un art martial et Satomi nous le rappelle bien : dans son Aïkido, elle a su insister sur l’importance de l’engagement du corps (Irimi), les postures (verticalité et descente sur les appuis) et la posture (Shisei), sur le choix des placements et sur la régulation de la distance avec son partenaire. 

 

La martialité s’inscrit également dans les formes proposées, très directes (comme on peut les retrouver au Japon) !

 

4/ Pédagogie différenciée et clarté 

Satomi Ishikawa – Crédit photo : Céline Rosette Photographe

Lorsqu’elle montre une technique, Satomi prend le temps d’expliquer, de corriger collectivement et individuellement, et de faire de la pédagogie différenciée pour les différents publics présents lors du stage (débutants, gradés, grands, petits).

 

Et surtout, les explications techniques étaient très pertinentes dans un objectif d’efficacité et de martialité. 

 

Par ailleurs, en animant le cours en anglais, Satomi a fait le choix d’explications très précises et synthétiques pour plus de clarté. Communiquer en anglais a ainsi permis d’aller à l’essentiel et d’être comprise de tous !

 

5/ Connexion humaine et intelligence relationnelle 

 

Avec Marie-Leila, Satomi, et moi-même en fin de stage

Satomi est une personne ouverte et accessible. Elle est souriante, prend le temps de répondre aux questions que l’on pose et s’intéresse aux pratiquants sur les tatamis, mais aussi en dehors. C’est ce qui permet de créer une connexion humaine, car la transmission passe par l’intelligence relationnelle.

 

Conclusion : 

 

C’est une chance de suivre les stages d’Aïkido d’une experte japonaise.

On y découvre des formes nouvelles, une pédagogie différente, une adaptation à ce qu’on l’on connaît déjà et d’autres aspects de l’étiquette (reishiki). 

 

J’ai personnellement beaucoup apprécié ce stage qui m’a rappelé la pratique au Japon, notamment dans les women class qui m’ont permis de m’identifier à des petits gabarits et surtout de croire en la puissance et l’intelligence du corps. Satomi est un modèle d’inspiration pour les femmes, mais pas que : elle invite également les hommes et les grands gabarits à s’interroger : suis-je fort ou puissant ? Suis-je vraiment en train d’exploiter le potentiel que l’Aïkido donne à mon corps ou suis-je simplement en train de faire preuve d’une démonstration de force physique ? Autrement dit : se demander à chaque instant si nous sommes encore dans l’esprit ET dans la pratique de l’Aïkido.

 

 

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