L’Aïkido se pratique sur un tatami, avec des codes, un rythme et une relation qui ne se résument pas à une image.
Et pourtant, aujourd’hui, il est souvent découvert ailleurs : sur un téléphone, un ordinateur, à travers une vidéo, une photo ou un visuel partagé sur les réseaux sociaux.
Ce décalage n’est ni nouveau ni problématique en soi.
Mais il pose une question centrale, que l’on formule encore trop peu clairement : que montre-t-on réellement quand on communique sur l’Aïkido ?
Choisir une image, un format, un angle de caméra, une ambiance ou un outil n’est jamais neutre.
La communication ne se contente pas de relayer la pratique : elle la cadre, elle la filtre, et elle oriente le regard.
C’est à cet endroit précis, entre pratique, image et outils, que se situent les réflexions qui suivent.
L’Aïkido doit-il être visuel ?

J’ai souvent prôné l’efficacité dans ma vision de l’Aïkido.
Mais pour autant, je n’ai pas choisi de pratiquer un sport de self-défense, ni un sport de combat.
Ce qui m’a séduite dans l’Aïkido, au tout début, c’est d’abord la dimension visuelle de cet art martial.
Quand j’ai commencé à vouloir pratiquer un art martial, j’ai regardé des vidéos sur YouTube, et ce qui m’a plu dans l’Aïkido, en dehors de la philosophie, c’était la beauté des chutes aériennes, des déplacements gracieux, et aussi la tenue.
D’ailleurs, un de mes premiers rêves en montant sur un tatami a été d’obtenir mon hakama, parce que je trouvais cette tenue tellement classe.
Mais l’esthétique ne touche pas uniquement la tenue, elle concerne aussi la pratique elle-même.
👉 C’est pourquoi, une question revient souvent lorsqu’on parle de démonstrations : quel Aïkido a-t-on envie de montrer ?
👉 Un Aïkido destiné au grand public, aérien et esthétique ?
👉 Ou un Aïkido de dojo, moins “mis en scène” ?
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Mais personnellement, j’admets que cette dimension visuelle a compté dans ma décision de choisir l’Aïkido plutôt qu’un autre art martial.
C’est peut-être un argument “marketing”, mais pour moi, c’est aussi le propre d’un art : qu’il fasse rêver et qu’il soit beau à regarder.
Si je n’avais pas choisi l’Aïkido, j’aurais pu me laisser tenter par la capoeira, et sa subtile alliance entre combat et danse.
Je ne suis pas en train de dire qu’on devrait tous se conformer à une seule manière de pratiquer l’Aïkido, car il existe une diversité de formes et de pratiques.
Mais j’admets apprécier les formes circulaires et aériennes qui n’enlèvent rien à l’efficacité, tant que le principe de la technique est respecté.
Cette dimension visuelle, qu’elle soit assumée ou non, influence directement la manière dont l’Aïkido est perçu à l’extérieur des dojos.
C’est souvent elle qui capte l’attention, suscite la curiosité ou, au contraire, laisse indifférent.
À partir du moment où l’on accepte ce constat, la question ne devient plus faut-il communiquer, mais comment le faire sans perdre le sens de la pratique.
Comment réaliser des vidéos d’Aïkido qui cartonnent

Sur les réseaux sociaux, les vidéos d’Aïkido foisonnent. Pourtant, toutes ne se valent pas.
En réalité, la différence se joue surtout sur quelques choix simples, qui influencent directement la manière dont une vidéo est perçue.
Et ces choix n’ont rien d’exceptionnel : ils relèvent davantage d’un regard cohérent que d’un secret de montage. Voici donc 4 conseils pour vous aider à booster la visibilité de vos vidéos d’Aïkido.
1️⃣ La qualité visuelle de la vidéo
Une vidéo qui fonctionne commence par une image nette et lisible.
On peut filmer avec un smartphone, mais pas avec un appareil bas de gamme.
L’aïkido est un art martial visuel et fluide et si l’image est trop bruitée ou manque de stabilité, l’œil décroche.
La qualité visuelle est le premier élément qui donne envie de rester après quelques secondes de lecture.
2️⃣ Le choix de la musique au montage
La bande-son est l’élément essentiel sur lequel se calera le choix des plans et du rythme au montage.
C’est autour d’elle qu’on construit l’enchaînement des plans, et c’est elle qui donne l’énergie globale de la vidéo.
On peut utiliser une musique libre de droit, mais elle doit être suffisamment entraînante pour maintenir l’attention, surtout dans un art martial peu spectaculaire pour un public non averti.
3️⃣ La thématique et l’originalité de la vidéo
Certaines vidéos fonctionnent simplement parce qu’elles proposent quelque chose qu’on voit rarement.
De ce que j’ai pu observer, sur Facebook, les tutoriels pédagogiques sont ceux qui performent le mieux, justement parce que ce format est peu présent dans le monde de l’aïkido.
À l’inverse, sur Instagram, les vidéos dynamiques, visuelles et rythmées fonctionnent naturellement mieux.
Chaque plateforme a ses habitudes, et les formats qui sortent du lot génèrent plus d’engagement.
4️⃣ Le format adapté au réseau social
En Aïkido comme en communication, la forme compte autant que le fond.
Sur Facebook et Instagram, le vertical est devenu la norme, avec des vidéos courtes qui dépassent rarement une minute.
Sur YouTube, l’horizontal reste le plus pertinent, et les formats plus longs permettent de laisser respirer la pratique.
Adapter le format au support, c’est simplement respecter la manière dont les gens consomment le contenu.
👉 Conclusion
Avec ces quelques repères, n’importe quel club peut déjà améliorer la qualité de ses vidéos.
Et lorsqu’on veut aller plus loin, investir dans un logiciel adapté — comme CapCut Pro, que j’utilise moi-même — peut vraiment faire la différence.
Si vous avez besoin d’un regard extérieur ou d’un montage plus abouti, je peux également vous accompagner, et le montage complet fait partie des services que je propose.
L’idée n’est pas d’ajouter de la complexité, mais d’aider les clubs et les pratiquants qui souhaitent un contenu cohérent, propre et fidèle à leur pratique.
Mais la communication visuelle ne se limite pas à la vidéo.
Depuis peu, de nouveaux outils sont venus élargir le champ des possibles, en particulier l’intelligence artificielle. Leur usage, là encore, oblige à faire des choix.
Changer le décor d’un dojo avec l’IA : gadget ou vrai outil ?

Depuis quelque temps, avec ChatGPT et l’IA générative d’images, on peut faire des choses qui étaient encore très compliquées il y a un an.
👉 Changer le décor d’un dojo.
👉 Enlever des personnes à l’arrière-plan.
👉 Varier les ambiances sans refaire une séance photo.
Sur le papier, c’est séduisant.
Dans la pratique, c’est… plus subtil.
En 2024, créer des visuels d’Aïkido avec de l’IA était possible, mais imprécis :
🔺 des hakama approximatifs,
🔺 des vestes mal coupées,
🔺 des postures incohérentes,
🔺 et surtout des visages déformés.
Aujourd’hui, on est sur autre chose.
En 2026, à partir de vraies photos, on peut :
✅ recréer des décors différents sans toucher aux pratiquants,
✅ garder les visages et les postures plus ou moins intactes (même si ce n’est pas encore parfait),
✅ appliquer des ambiances réalistes (dojo japonais, extérieur, montagne…),
✅ et surtout respecter la tenue d’Aïkido, ce qui n’était clairement pas gagné avant.
👉 Est-ce que ça rend l’Aïkido plus “moderne” ?
Pas vraiment.
👉 Est-ce que ça rend l’Aïkido plus “fun” visuellement ?
Oui, clairement.
✨ Mais surtout, ça règle un vrai problème : on peut communiquer sans exposer inutilement les gens, sans dépendre d’un lieu reconnaissable, et sans refaire dix fois les mêmes photos dans le même dojo.
👉 La pratique se joue sur le tatami.
👉 La communication se joue en dehors.
👉 Et l’intelligence artificielle est un puissant outil gratuit qui permet aux clubs d’être plus attractifs, aux pratiquants de s’amuser, et à l’Aïkido de suivre le mouvement plutôt que de s’y opposer.
Conclusion
Communiquer sur l’Aïkido n’est jamais un acte neutre.
Choisir ce que l’on montre, comment on le montre, et avec quels outils revient déjà à orienter le regard porté sur la discipline.
Ni la vidéo, ni l’esthétique, ni l’intelligence artificielle ne remplacent la pratique.
Elles ne disent pas tout de l’Aïkido, et ne le diront jamais.
Mais bien utilisées, elles permettent de créer un lien entre le tatami et l’extérieur, entre la réalité de la pratique et celles et ceux qui la découvrent pour la première fois.
Comme en Aïkido, il ne s’agit pas de s’opposer aux outils ou aux évolutions, mais de les intégrer avec discernement.
Communiquer, ici, n’est pas un exercice de séduction : c’est un prolongement du regard que l’on porte sur sa propre pratique.
